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Manger dans un bol

C’est Dimanche. Franchement les deux dernières semaines ont été plutôt éprouvantes, vous trouvez pas ? Et pour ne rien arranger, ce matin je voulais faire des lasagnes, mais au marché je n’ai pas trouvé d’aubergines sexy. Du coup, me voilà rentrée bredouille.

Il y a deux semaines, j’étais pleine d’espoir. J’ai passé le week-end à jouer dans une Bibliothèque, et le lendemain, je suis allée voter à Bordeaux. Le soir, j’ai retrouvé des amis et nous avons regardé, ensemble, les résultats du premier tour de la présidentielles. Quand on est entouré de gauchistes, il est facile d’oublier que nous sommes dans un pays de droite. Et pourtant, les scores furent sans appel.

Depuis, la gueule de bois. De voir que je vis dans un monde où l’opinion majoritaire se divise entre le fascisme et le néolibéralisme. Mais aussi réaliser le trésor d’avoir trouvé, au milieu de cette foule, des personnes intelligentes et bienveillantes qui m’aident à consolider, petit à petit, des îlots de résistance.

Nous créerons des îlots de résistance
Nous serons libres d’aimer et de créer
Nous érigerons des barricades
Par nos voix, nos caresses et nos rires
Par nos sanglots, nos poings serrés et nos soupirs

Nous sommes les enfants du désordre.
Nous sommes les faiseurs d’histoires,
les conteuses de mots,
les chanteuses de signes,
nous sommes la jeunesse et son urgence.

Nous n’avons pas d’armes, nous n’avons pas de famille.
Nous sommes immortels, et demain nous n’existerons plus.
Nous sommes l’éternité comprise entre chaque seconde.

Nous nous révolterons contre la pudeur
Contre la laideur, l’ennui et la servitude
Nous serons, demain, les enfants du désordre
Nous tirerons de nos transes, rêves éveillés
Les danses pour inquiéter les adultes

Nous bâtirons des mondes imaginaires
Les décréterons imprenables sanctuaires
Nous étions, hier, les enfants du désordre
Nous étions immortels, et maintenant nous n’existons plus
Nous étions l’éternité.

C’est bien la poésie mais on va pas faire la Révolution le ventre vide. Et comme je l’ai dit plus tôt, on est déprimés parce que quand même, pays de droite. Mais heureusement, il est possible de faire à manger quand on a envie de rien foutre. Pour cela, il te faut du riz et des courgettes. Tu fais cuire le riz (si t’as un rice cooker c’est encore plus simple), et tu rapes les courgettes (avec un robot ou une râpe). Tu mets sur les courgettes de l’huile de sésame et du sel, tu les laisses dégorger.

Et après tu mets ça joliment dans un bol. Et tu rajoutes DES SAUCES. Parce que oui, quand on a la flemme, il faut faire un truc simple avec une sauce. Alors moi, ma préférée, c’est la sauce de piment doux sucré. J’aime aussi la sauce Bulldog qui est parfaite pour accompagner des légumes. Et enfin, la sauce soja, qui ne nous laisse jamais tomber. Après, tu peux mettre d’autres trucs qui traînent chez toi dedans genre des graines de sésame ou de courge, mais franchement moi j’ai surtout fait ça pour la photo.

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