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L’instant cookie…

ou de la place des hommes dans le féminisme.

ndla : dans cet article, pour plus de confort de lecture, j’emploie le terme « homme » pour « homme cis« , et « femme » pour « identifié-e femme ».

Mon père était un homme au foyer. Lorsque ma mère est tombée enceinte, elle était en internat de médecine, et ils ont décidé tous les deux que mon père resterait à la maison. J’ai donc grandi avec l’idée qu’un homme pouvait faire la cuisine, la lessive, le jardin, gagner moins que sa compagne sans que cela soit un problème. J’ai grandi avec l’idée que tous les hommes étaient comme mon papa.

Le fait que beaucoup de gens dans mon entourage disent que mon père était quelqu’un d’extraordinaire a fini par me mettre la puce à l’oreille. J’ai donc pensé, moi aussi, que mon père était quelqu’un d’extraordinaire. Au point d’oublier à quel point ma mère, elle aussi, issue d’une famille d’ouvriers, ayant décroché son Bac +8 pour devenir médecin et réparer des gens accidentés toute la journée, était quelqu’un de tout aussi extraordinaire.

J’ai compris, il n’y a pas si longtemps, que mon père n’était pas un héros. Que c’était l’équilibre du couple qu’il formait avec ma mère qui leur avait permis de construire le foyer sain dans lequel j’ai grandi. Qu’elle était aussi responsable que lui de cette réussite. Les choix qu’ils ont fait, ensemble, leur ont permis de vivre la vie qu’ils avaient envie de mener, et ça, c’est beau.

J’aimerais que la société soit à l’image du couple que formait mes parents (en moins hétérocentré, mais tu as compris l’idée je crois). Je vous ai dit un peu plus haut que je pensais petit que tous les hommes étaient comme mon père. Il se trouve que pas du tout. Il se trouve qu’il y a encore, en 2017, des hommes qui frappent leur femme. Des hommes qui violent leur femme. Des hommes qui disent à leur femme de se taire quand elle prend la parole. Des hommes qui ne font aucune tâche ménagère. Des hommes qui harcèlent les femmes dans les transports en commun.

Et ces hommes là ne sont pas une minorité. Pas du tout. Mais genre, loin de là.
Un jour, ma bulle a explosé. J’ai pris ce qu’on appelle la pilule du féminisme. Vous avez vu Matrix ? Beh, pareil, mais tu remplaces les lignes de codes avec le sexisme. Ça m’a fait tout drôle. De voir que moi aussi, je faisais moins confiance à une femme qu’à un homme sur un sujet sérieux. De voir que moi aussi, je trouvais quand même que certaines filles s’habillaient de façon un peu trop osée. De voir que les complexes que j’avais depuis gamine ne venaient pas de nulle part. Que c’était pas normal de me faire aborder plusieurs fois par mois dans la rue alors que moi j’abordais personne.

J’ai pris conscience de l’ampleur du problème, et je suis devenue militant. Et autour de moi, les garçons ont commencé à se rendre compte qu’il y avait un souci. Qu’en fait, la plupart des meufs de leur entourage avaient déjà subi une agression sexuelle. Qu’en fait, la plupart des meufs de leur entourage avaient peur le soir quand elles sortaient seules. Que la plupart des meufs de leur entourage étaient payées moins qu’eux, pour le même travail.

Ils se sont aussi rendus compte qu’ils ne faisaient jamais le ménage chez eux. Que, quand même, quand leur copine était pas épilée, ils trouvaient ça un peu sale. Et les règles, j’en parle même pas. Qu’ils coupaient la parole aux femmes en permanence. Qu’ils pouvaient pas s’empêcher de se demander, lorsqu’une fille parlait du viol qu’elle avait subi, si c’était pas un malentendu.

Alors, ils sont devenus féministes. Ils sont devenus des héros. Comme mon papa.

Le cookie est une image utilisée dans les cercles de militantes féministes pour pointer du doigt le comportement de certains hommes qui, après avoir lavé les toilettes pour la première fois de leur vie, après avoir partagé un article de Slate sur le féminisme sur Facebook, ou après avoir défendu une femme dans le métro, attendent qu’on les applaudissent. Demander à un mec s’il veut un cookie peut être utilisé pour se moquer, plus ou moins gentiment, de sa recherche d’attention et de validation.

J’ai un positionnement plutôt bienveillant vis à vis de ceux qui font des efforts pour aller vers l’égalité. Ils sont effectivement à contre courant, alors que cette lutte est loin d’être une nécessité pour eux. Et personnellement, je trouve ça admirable.

Je suis devenue vegan pour les animaux. J’essaie, dans ma vie quotidienne, de causer le moins de souffrance possible pour celleux qui sont moins privilégié-es que moi. Et c’est pas facile. Alors, oui, c’est beaucoup moins difficile que de vivre toute sa vie enfermé-e dans une cage d’un mètre sur deux avec 456 colocataires, et par rapport à la souffrance des millions d’animaux qu’on tue chaque année pour nous nourrir, ce que ça me coûte est ridicule MAIS ! je pourrai ne rien faire. D’ailleurs, l’immense majorité des Français et du reste du monde ne fait rien, ou vraiment pas grand chose. Du coup, c’est vrai que des fois, j’ai envie que mon effort soit reconnu, tout en ayant conscience que c’est beaucoup plus dur pour les animaux.

Alors, si tu te reconnais dans ce que je viens de dire, et que tu voudrais, toi aussi, qu’on récompense tous les efforts que tu fais quotidiennement pour renoncer à tes privilèges, voici une recette de cookie végane et super chewy que tu pourras partager avec tou-te-s tes ami-es.

Pour une vingtaine de cookies

4 càs de margarine végétale
3 càs d’huile de coco
60 g de sucre semoule
2 sachets de sucre vanillés
90g de sucre rapadura (sucre complet de canne)
10cl de lait végétal
180g de farine
1 sachet de levure
1 càc de bicarbonate de soude (facultatif)
160 g de chocolat noir

Préchauffer le four à 165°
Mélanger la margarine, l’huile de coco et les sucres. Jusque là ça va.
C’est là que ça devient un peu technique. Il va falloir ajouter la farine (mélangée à la levure et au bicarbonate) et le lait en testant la texture de la pâte. C’est à vous de juger, techniquement vous pouvez la bouffer comme ça, je vous jugerai pas. L’idée c’est quand même que ça se tienne, mais que ça puisse devenir fondant à la cuisson.
Ensuite, vous ajoutez le chocolat préalablement découpé en grosses pépites.
Enfin, vous répartissez la pâte sur une plaque de cuisson en espaçant bien entre chaque petite boule. Vous enfournez quelques minutes. On sait qu’un cookie est cuit quand il commence à dorer. Il ne doit pas se tenir en sortant du four, il sèchera en contact avec l’air.

Tada.

Merci de m’avoir lue.
Prenez soin de vous et causez le moins de souffrance possible.

Photos de mes parents par Florine C.

Quelques liens :
La playlist Un cookie de Ginger Force
Un article de Hvedrung Laymore, un homme en déconstruction
Un article de Crêpe Georgette sur les hommes qui voudraient s’intéresser au féminisme
La conférence de Patric Jean « Les hommes veulent-ils l’égalité ? »

Quelques podcasts :

Un commentaire

  1. Smk Smk

    « La pilule du féminisme » c’est tellement ça ! Suivie de la pilule « blackhistory » et de la pilule « anti-spécisme ». Impossible de faire comme si de rien n’était. Une fois que tu as ouvert les yeux le monde te parait … immonde ! Et pourtant si réel. Si réel que la plupart gens rejettent cette réalité tellement elle est crue … quand j’y pense on ne peut presque pas leur en vouloir.
    Si c’était à refaire je la prendrais encore une fois cette pilule car c’est dans ma nature de vouloir la vérité quitte à ce qu’elle soit moche.

    Maintenant il est temps d’en faire quelque chose de cette foutue réalité 🙂

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