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Le dhal du Lierre

Brumes de thé dans le salon
En nous les sourires, les chansons
Et le soleil qui resplendit
Roxane Mélisse

Il y a deux semaines, j’étais à la Mare, chez Peter et Moira, deux ami-e-s de longue date. Chaque année, illes invitent leur ami-e-s et les ami-e-s de leurs ami-e-s dans leur très grande maison pour une retraite artistique d’une semaine. Pendant une semaine, on chante, on danse, on peint, on écrit, on sculpte, c’est une ébullition intense dont on sort épuisé comme après avoir couru un marathon. Et j’en sors épuisée, mais de cette fatigue joyeuse d’avoir trop ri, trop pleuré, trop aimé.

Peter et Moira sont polyamoureux, et c’était important pour elleux que cette Retraite soit un espace où tous les modes de relation entre adultes consentants soient accueillis avec bienveillance. Du coup, à la Mare, chacun-e est libre d’aimer comme iel veut, qui iel veut. On passe des heures à refaire le monde au coin du feu, à se câliner tels des chaudoudous, et on oublie, le temps d’une semaine, la violence du monde.

Je dois vous avouer quelque chose. Peter et Moira n’existent pas. Enfin, pas vraiment. Peter et Moira sont des personnages. En avril 2016, je me suis posée devant mon Macbook. Je ne savais pas où j’allais. Moira est apparue sous mes doigts comme si je l’avais toujours connue, comme une vieille copine qui m’inviterait chez elle en disant « la réponse se trouve dans ma maison, tu verras ». Et elle avait raison. Chez elle, je les ai tou-te-s trouvé-es. Lola, Mark, Cole, Merah… et, petit à petit, le Lierre et la vigne : retour à Intimatopia, est né.

Dans un jeu de rôle Grandeur Nature, le personnage est le fruit de la rencontre entre l’idée du game designer (c’est moi) et l’interprétation d’un-e joueureuse motivé-e. C’est à cet exercice jubilatoire que se sont livré-es, trois fois, 18 personnes pour 18 personnages. 60 participant-es qui ont habité la Mare de leurs songes. Merci à elleux, illes se reconnaîtront.

 

Bonjour, je m’appelle Lila et l’écriture non conventionnelle que j’utilise s’appelle l’écriture inclusive. Je suis game designer, je suis queer, et je suis vegan. Tellement de raisons de créer un blog, me direz-vous, et j’ai choisi celle qui me permettait d’aborder pas mal de choses, tout en gardant une distance, une pudeur, peut-être (celleux qui me connaissent pourront témoigner de mon côté drama-queen), et de vous partager des recettes simples, gourmandes et végétales.

Simple parce que c’est le rapport que j’entretiens avec la cuisine : c’est une méditation, un moment qui permet de me ressourcer. Je laisse mes mains travailler, et pendant ce temps mes pensées vagabondent gentiment. Si une recette est trop compliquée, je n’arrive pas à y prendre du plaisir. J’ai dit simple, mais j’aurais pu dire intuitive. Il est possible, donc, que ces recettes ne soit simples que pour moi 😉

Gourmandes parce que j’aime manger. J’aime les pâtes brûlantes juste égouttées que l’on mélange à une sauce mijotée. J’aime le croustillant de la pâte à pizza, la saveur citronnée de l’artichaut mariné, l’iode d’une algue nori et la chaleur d’un thé chai. J’aime manger, et j’aime le moment où je mange. Les gens, le temps qu’il fait, la présentation, tout ça participe de l’expérience gustative.

Végétales parce que j’ai arrêté de consommer tout produit issu de l’exploitation animale depuis un an. J’ai réalisé que je n’avais pas besoin de cautionner la mort d’un animal sensible pour me nourrir, et puis j’ai réalisé que je n’avais pas besoin de cautionner la mort d’un animal sensible pour manger. Se nourrir et manger sont deux choses différentes pour moi. Se nourrir, c’est apporter à mon corps des nutriments indispensable à ma survie. Et manger, c’est ce dont je parle dans le paragraphe précédent.

Revenons au Lierre. Il y a un seul repas commun sur ce jeu, et il s’agit du petit déjeuner. Tout le reste de la journée, on mange quand on a faim. Du coup, en cuisine, on fait de la bouffe en permanence, avec un seul objectif qui tient en deux mots : confort food

Il s’agit de créer un environnement dans lequel tout le monde se sent bien, super bien. Et la nourriture doit participer à cette ambiance, être comme un petit cocon tout doux dans lequel on peut se blottir, se pelotonner comme un petit chat sur un canapé plaid <3 . Et aujourd’hui, je vous présente le dernier plat de la journée de jeu : un dhal de lentilles.

Pour quatre amoureux-ses, vous aurez besoin :

– 1 cuillère à soupe d’huile végétale
– 2 oignons
– 2 cuillères à soupe de sucre
– 1 cuillère à café de pâte de curry rouge (moyen fort)
– 1 càc de pâte de curry jaune
– 1 boîte de lait de coco
– 1 cuillère à café de concentré de tomate
– 500g de tomates pelées
– 250g de lentilles corail
– sel et poivre
– 500cl d’eau
– de la coriandre

Préparation : 5 min (couper des oignons quoi :p )
Cuisson (temps approximatif) : 20 min à feu moyen 35 à feu doux

Mettez de l’huile à chauffer dans une casserole sur feu moyen-fort.
Ajouter les oignons coupés en lamelles fines. Lorsqu’ils commencent à se colorer, rajouter le sucre et laisser caraméliser.
Ajouter la pâte de curry, le concentré de tomate, l’eau et le lait de coco. Porter à ébullition.
Quand ça bout, mettre les lentilles corail et les tomates pelées.
Laisser mijoter à feu moyen-doux jusqu’à obtenir une consistance entre le curry de lentilles et la soupe.
Salez, poivrez.
Servez avec du riz

Tada.

Merci de m’avoir lue.
Prenez soin de vous, causez le moins de souffrance possible.

Photographies (dans l’ordre d’apparition) de Gil P. , Saki J. et Pouria Ardalan.

Quelques liens
une critique du jeu sur le blog Metamour de Leïla
la présentation sur le blog Electro-GN avec le lien pour se pré-inscrire
une vidéo de Pouria Ardalan, tournée les 17, 18 et 19 mars 2017

Quelques podcasts


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